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Histoire – Parcours mémoriel

Amfreville au XXè siècle …d’une guerre à l’autre

Si la guerre de 1914-1918 épargnait d’une certaine façon la Normandie, à la différence de ce qui se passera pendant la Seconde guerre mondiale, Amfreville devra fournir aux régiments d’infanterie des soldats qui seront engagés sur tous les fronts où plusieurs d’entre eux trouveront la mort.
Après vingt années de répit, c’était à nouveau la guerre, l’occupation et la participation de notre commune à la grande opération du débarquement, en juin 1944. Malgré la guerre et les combats, le village ne subissait que des dégats modestes en comparaison de Bréville.

1914-1918

Après la Première Guerre mondiale, alors que Bernard Martine est maire, la commune décidait d’ériger un monument aux enfants d’Amfreville morts pour la France. Après discussion pour savoir où on allait ériger ce monument (près de l’église, près de la mairie, sur la grande place du Plain), c’est finalement le cimetière, pourtant un peu excentré, qui est retenu. La commune, ayant peu de moyens financiers, négociait, pour l’édification de ce monument, un prêt de 7000F à un taux de 6% d’intérêt. Le conseil votait, pendant une période de dix ans, une imposition extraordinaire de vingt centimes devant produire 1120 francs.

Un monument à la mémoire de nos morts

Le monument retenu se présente en forme d’obélisque, du type de ceux qui ornaient jusque-là les tombes des cimetières. Ces monuments sont les moins chers et conviennent à l’esprit du temps, celui du deuil. L’association des mots offre une importante nuance de sens. En choisissant l’inscription “Amfreville à ses enfants morts pour la France”, les élus ont voulu rappeler qu’une des spécificités de cette guerre est que ce sont des jeunes qui sont morts. Ce sont les enfants du village qui sont morts. La moyenne d’âge des soldats à Amfreville est de 28 ans.

La liste des morts, deuxième élément de l’inscription, complète l’impression funèbre. Nommer est l’élément majeur : les noms rappellent les individus et leurs familles, ils leur redonnent l’existence, quand la disparition sur le champ de bataille les vouaient au néant.

Lors des commémorations du 11 novembre 2018, Mme Valente, petite fille d’Ernest Thierrée, dans un hommage émouvant, a retracé la vie de son grand-père mort en 1916

1939-1945

Des planeurs sur Amfreville

Mille fois racontée, connue de tous, parfois arrangée, mais toujours dignement fêtée depuis soixante quinze ans, dans notre village, l’épopée du débarquement constitue un grand moment dans l’histoire récente de notre petit bourg.
Sans l’avoir choisi, Amfreville avec sa butte du Plain se trouvait placé dans le secteur d’assaut britannique et faisait partie, le 6 juin 1944, des objectifs prioritaires du commandement allié.
Le nom de notre village reste à jamais attaché à celui de la 6è Division aéroportée britannique : celle qui, au cours d’une opération d’une précision inouïe a capturé, sous les ordres du Major Howard, le pont de Bénouville (baptisé depuis Pégasus Bridge), celle qui a fait sauter les canons de la batterie d’artillerie côtière allemande de Merville (Colonel Ottway) et, enfin, celle qui a dynamité plusieurs ponts sur la Dives créant ainsi un fossé entre armées britannique et allemande.
La 6è Division aéroportée s’est aussi illustrée par le largage dans la plaine d’Amfreville et de Ranville des parachutistes (les bérets rouges) chargés de nettoyer les obstacles plantés par l’occupant dans les champs.

Arrivée des commandos de marines

Au petit matin du 6 juin, débarquaient, par mer, cette fois, sur la plage de Sword (Colleville-Ouistreham) les commandos dont le 4è commando franco-britannique ainsi qu’une division britannique entière composée de 28 000 hommes. La mission du commando franco-britannique, celui de Kieffer et de son aumônier, l’abbé de Naurois, était de nettoyer le port de Ouistreham, puis de se diriger vers Pégasus Bridge et de venir renforcer les troupes aéroportées qui avaient déjà en partie mis en défense la grande place du Plain d’Amfreville.
Ensemble, bérêts rouges et bérêts verts se tenaient prêts à faire face aux contre-attaques, aux bombardements et aux coups de main que l’ennemi qui avait maintenant repris ses esprits ne manquerait de lancer avec furie. Le front allait se maintenir, à l’extrémité orientale du secteur d’assaut, pendant plus de deux mois.
Le 14 juillet 1944, soit à J + 39, après la visite du général Montgommery à l’Ecarde, avait lieu une émouvante cérémonie patriotique franco-anglaise, sur le Plain.
Et, depuis, every year, Amfreville a le privilège de recevoir les vétérans britanniques et français, une poignée d’hommes braves et courageux qui ont risqué leur vie pour que nous puissions vivre libres, aujourd’hui.

Extrait du livre “AMFREVILLE En baie de l’Orne” de Gillonne et Rémy Desquesnes (2001)

 

Liens vers la vidéo du commando Kieffer le 14 juillet 1944 à Amfreville